Mes états

La maternité

Toutes les femmes qui ont des enfants pourront l’affirmer : être mère est un état en perpétuelle mutation. Il y a une manière d’être qui précède la maternité et une manière d’être qui suit la maternité. L’insouciance, la liberté; l’inquiétude, la culpabilité. La force aussi, et l’amour, inconditionnel.

Je suis devenue mère à l’âge de 26 ans sans l’avoir planifié. Je voulais des enfants, mais pas à ce moment. Pour moi, l’apprentissage de la maternité n’est pas simple. Je me sens si souvent dépassée, envahie, écrasée. Insuffisante. Ma mère, elle, n’a jamais semblé avoir de limites. Est-ce normal que j’en aie?

Mélissa

La peur

Ce matin, j’ai la peur au ventre. L’angoisse envahit mon corps et ma tête. Elle crée une tension douloureuse le long de ma nuque et de mes épaules. Elle rétrécit ma gorge. Elle m’insulte pour brimer ma créativité :

– Ce que tu fais est inutile. Ton projet d’écriture n’intéresse personne. Qu’est-ce qu’on va dire de toi?

Mélissa

Le regret

Entre le moment où Mélissa a quitté l’agence de communication où on travaillait – elle comme graphiste, moi comme rédactrice – et celui où elle m’a annoncé son diagnostic de cancer, on ne s’est pas vues. Pas une seule fois. C’est ce que je regrette le plus…

Mélissa

Le choc

Entre Mélissa et moi, c’était une amitié naissante. Vous savez, quand on se prend d’affection pour une collègue de travail. On dine ensemble, on apprend à se connaitre, on rit. Les 5 à 7 s’éternisent, on boit trop, on se confie : on devient amies. Si vous nous aviez vues! On formait un duo improbable. Elle, avec son humour scabreux, ses mots crus, ses jokes de trucker; moi, avec mon langage-verni-de-prof-de-littérature. Elle, avec son look flamboyant, toujours à l’affut des nouvelles tendances; moi, avec mon style classique, très construit, trop léché peut-être…